Grands concertos pour violon : temps forts et découvertes

Depuis leur fondation, les Berliner Philharmoniker jouent avec les plus grands virtuoses de la musique classique. Cette playlist consacrée aux concertos pour violon, depuis Wolfgang Amadeus Mozart jusqu’à György Ligeti, vous permet d’entendre des violonistes qui ont été artistes en résidence ou sont des invités régulier de l’orchestre : Anne-Sophie Mutter, Frank Peter Zimmermann, Lisa Batiashvili, Janine Jansen et Christian Tetzlaff – pour n’en citer que quelques-uns.

L’histoire du concerto pour violon commence à l’époque baroque et se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Les grands compositeurs qui ont succédé à Vivaldi et Mozart n’étaient pas forcément des violonistes accomplis (alors que de fameux virtuoses comme Niccolò Paganini, Henryk Wieniawski, Pablo de Sarasate et Eugène Ysaÿe furent des compositeurs remarquables), mais presque tous ont été séduits par la sonorité incomparable du dialogue entre orchestre et violon, un instrument qui déploie une puissance surprenante dans les graves et surpasse tous les autres instruments à cordes dans les aigus. Après l’ère baroque et les débuts du classicisme, le concerto pour violon atteint un sommet avec Ludwig van Beethoven : son opus 61, qui place l’orchestre et l’instrument soliste sur un pied d’égalité, n’a rien à envier aux grandes symphonies du compositeur, tant par son ampleur que par son contenu musical. Toutefois, le nombre de concertos pour violon écrits par de grands compositeurs a considérablement diminué avec le temps : Vivaldi en a plus de 200 à son actif, Mozart pas moins de cinq, Beethoven un seul, et après lui Schumann, Brahms, Dvořák et Tchaïkovski n’ont eux aussi présenté qu’une seule contribution à ce genre. Leurs concertos pour violon n’en sont que d’autant plus illustres.

Le XXe siècle voit le répertoire s’enrichir considérablement en même temps que son champ géographique s’élargit : Carl Nielsen et Jean Sibelius, originaires d’Europe du Nord, ont écrit de puissants concertos pour violon, tout comme Sergueï Prokofiev et Chostakovitch, originaires de Russie. Les Hongrois Béla Bartók et György Ligeti sont les auteurs de concertos pour violon qui, chacun à leur manière, ont marqué leur époque. Quant à celui qu’Alban Berg a dédié « à la mémoire d’un ange », citant des chorals de Bach et des échos du folklore autrichien, il compte parmi les œuvres les plus bouleversantes de la modernité.

Ce formidable répertoire n’aurait pu exister sans les plus grands violonistes de chaque époque. Citons en premier lieu Joseph Joachim, qui a conseillé Robert Schumann, Antonín Dvořák, Johannes Brahms et Max Bruch dans l’élaboration de leurs concertos pour violon, et plus tard David Oistrach, dédicataire et soliste de nombreuses créations et par là aussi capital pour la musique russe du XXe siècle que Joachim l’a été pour le XIXe siècle. Les Berliner Philharmoniker ont fréquemment collaboré avec Joachim et Oistrach. D’ailleurs, presque tous les grands violonistes du XXe siècle – George Enescu, Jascha Heifetz, Christian Ferras, David et Igor Oistrach, Ida Haendel– se sont produits avec l’orchestre.

En 1929, Yehudi Menuhin est entré dans les annales de l’histoire des Philharmoniker en interprétant, à l’âge de seulement 13 ans et au cours de la même soirée, des concertos pour violon de Bach, Brahms et Beethoven sous la direction de Bruno Walter. En 1977, Herbert von Karajan a présenté au public une enfant prodige du même âge que Menuhin et non moins stupéfiante : Anne-Sophie Mutter, qui est alors devenue la soliste incontournable de la fin de l’ère Karajan.

Les concerts de l’orchestre sont en outre la vitrine d’un remarquable groupe de violonistes de la jeune génération : par exemple, Janine Jansen, Baiba Skride, Lisa Batiashvili, Isabelle Faust, Vilde Frang et Patricia Kopatchinskaïa. En plus d’entretenir depuis longtemps une relation étroite avec l’orchestre, Leonidas Kavakos et Christian Tetzlaff ont été ses artistes en résidence. Finalement, Frank Peter Zimmermann a cultivé avec les Berliner Philharmoniker un répertoire particulièrement vaste, qui va de Mozart à la création mondiale d’une œuvre du Finlandais Magnus Lindberg. Tant que les compositeurs pourront compter sur des artistes de cette trempe, l’histoire du concerto pour violon est loin de prendre fin.

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