Un chef d’orchestre recommande : la sélection de Jakub Hrůša

Invité à diriger les Berliner Philharmoniker en septembre 2021, Jakub Hrůša a puisé dans nos archives pour créer une playlist qui va de Bach à Berg. On y trouve non seulement des symphonies de Beethoven et Bruckner, mais avant tout des œuvres inspirées par des images ou des histoires. Outre Kirill Petrenko, les chefs d’orchestre sont Daniel Barenboim, Claudio Abbado, Lorin Maazel et Jiří Bělohlávek, professeur et compatriote de Hrůša.

Lors de ses premières apparitions avec les Berliner Philharmoniker en 2018 et 2019, Jakub Hrůša a conquis le public par ses interprétations de poèmes symphoniques de Dvořák, Bartók, Berlioz et Janáček : le chef principal de l’Orchestre symphonique de Bamberg s’est révélé être un conteur sensible, doté d’un sens aigu de la dramaturgie musicale. À l’occasion de sa troisième apparition en tant que chef invité, le chef d’orchestre tchèque a puisé dans nos archives de concerts pour constituer une playlist qui fait la part belle aux poèmes symphoniques : Daniel Barenboim dirige le capricieux Till l’espiègle de Richard Strauss, et Claudio Abbado, les somptueux déferlements de La Mer de Claude Debussy. Le concept de drame musical narratif sert aussi de fil conducteur entre la suite tirée de l’opéra De la maison des morts de Janáček, interprétée ici par Jiří Bělohlávek, le professeur de Hrůša, le Ring sans paroles de Wagner dans l’interprétation de Lorin Maazel et la Passion selon saint Matthieu mise en scène par Peter Sellars sous la direction de Sir Simon Rattle.

Pour ce qui est du répertoire symphonique classique, Hrůša a choisi la Septième de Beethoven, où le rythme règne en maître, sous la direction de Kirill Petrenko, et en guise de contrepoint la Septième de Bruckner, aux mélodies expansives, interprétée par Sergiu Celibidache. Sa playlist vous propose aussi une rareté : la symphonie Asraël de Josef Suk dans l’interprétation de Kirill Petrenko. Le compositeur tchèque a écrit cette œuvre poignante alors qu’il était accablé par le deuil : en l’espace de quelques mois, Suk perdit son beau-père Antonín Dvořák et son épouse Ottilie, la fille de Dvořák.

Cette sélection est complétée par deux grandes œuvres concertantes : Krystian Zimmerman interprète le Concerto pour piano n° 1 de Brahms, et Frank Peter Zimmermann, le concerto pour violon d’Alban Berg « À la mémoire d’un ange ».

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