Luciano Berio
Compositeur
Principal compositeur italien de son époque et figure clé de l’avant-garde, Luciano Berio a joué un rôle déterminant dans l’évolution musicale de l’après-guerre, notamment dans le développement de la musique électronique. Il fut également un pionnier qui ne coupa jamais les ponts avec la tradition, comme en témoignent ses nombreuses adaptations et instrumentations d’œuvres de Purcell, Falla, Verdi, Mahler et Puccini, ainsi que ses liens avec la musique folklorique, qu’il jugeait « émotionnelle ».
Né à Imperia en 1925, Berio reçoit ses premières leçons de musique de son père et de son grand-père (depuis le XVIIIe siècle, tous ses ancêtres ont été musiciens) avant d’étudier la composition au Conservatoire de Milan avec Giorgio Federico Ghedini. Il suit ensuite l’enseignement de Luigi Dallapiccola, qui donne alors régulièrement des cours à Tanglewood. En compagnie de Bruno Maderna, Berio fonde le Studio di Fonologia Musicale, où sont créées des œuvres telles que Mutazioni, Perspectives et Thema (Omaggio a Joyce). À Darmstadt, il est influencé par Henri Pousseur qui, aux côtés de Stockhausen, Boulez, Nono et d’autres, compte parmi les principaux acteurs de la musique contemporaine. En 1963, Berio part pour les États-Unis où il enseigne notamment à l’université Harvard et à la Juilliard School. Il explore parallèlement l’univers sonore de la musique électroacoustique dans les studios de l’université Columbia et de la Bell Telephone Company. De retour en Europe en 1972, Berio travaille non seulement comme compositeur, mais aussi comme chef d’orchestre, directeur de festival, directeur artistique de l’Accademia Filarmonica Roma et membre du comité directeur de l’IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique). Il remporte un grand succès avec Sinfonia, une œuvre dédiée à Leonard Bernstein et à l’Orchestre philharmonique de New York dans laquelle il se confronte à l’œuvre de Gustav Mahler et cite toute l’histoire de la musique des 200 dernières années. Berio compose ensuite d’autres œuvres qui reprennent explicitement des thèmes de l’histoire de la musique, par exemple Rendering, adaptation commentée d’esquisses de la Symphonie n° 10 de Schubert, quatre mouvements orchestraux du fragment de singspiel Zaide de Mozart et la réécriture du finale de l’opéra Turandot de Puccini.