Notre altiste recommande : la sélection d’Amihai Grosz

Opéras, symphonies et concertos sous la direction de trois chefs d’orchestre, et plus encore, dans la playlist de notre premier alto solo Amihai Grosz. On peut y entendre la Symphonie n° 9 de Dvořák dirigée par Claudio Abbado et Tristan et Isolde en version concertante sous la baguette de Simon Rattle. De son côté, Kirill Petrenko a interprété la Symphonie n° 2 d’Elgar lors de son deuxième programme avec les Berliner Philharmoniker, et la Symphonie n° 5 de Tchaïkovski lors de son dernier concert en tant que chef d’orchestre désigné. Amihai Grosz lui-même se produit en soliste dans des œuvres de William Walton et Luciano Berio.

En mai 2009, Kirill Petrenko a dirigé sa deuxième série de concerts avec les Berliner Philharmoniker. Au programme figurait la Symphonie n° 2 d’Edward Elgar que l’orchestre n’avait plus jouée depuis plus de 30 ans. La passion et la précision de cette interprétation ont impressionné Amihai Grosz, qui a placé la symphonie d’Elgar en début de sa playlist. Il s’agissait du tout premier concert du jeune musicien en tant qu’altiste solo des Berliner Philharmoniker, un poste qu’il occupe à titre permanent depuis 2010. Lorsque Petrenko a dirigé au printemps 2019 une lecture très applaudie de la Symphonie n° 5 de Piotr Tchaïkovski, il s’apprêtait à prendre ses fonctions de chef principal des Berliner Philharmoniker.

Les œuvres de Richard Wagner ont occupé une place centrale dans la programmation lyrique de Sir Simon Rattle. Outre une production intégrale de la tétralogie L’Anneau du Nibelung – la première depuis l’époque d’Herbert von Karajan –, le public a pu assister à des représentations de Parsifal et Tristan et Isolde. Inspirée de la légende médiévale de Tristan, la monumentale tragédie amoureuse de Wagner constitue un immense défi pour les solistes vocaux et pour l’orchestre. À la Philharmonie, les rôles-titres ont été interprétés en 2016 par Stuart Skelton et Eva-Maria Westbroek (une artiste qui s’est illustrée autant dans le répertoire allemand que dans le répertoire italien lors de ses apparitions auprès des Berliner Philharmoniker). L’un des moments les plus émouvants de l’opéra se situe au troisième acte, lorsqu’une « triste mélopée » est jouée au cor anglais ; c’est à ce même instrument qu’Antonín Dvořák a confié l’un de ses plus beaux thèmes dans le mouvement lent de sa dernière symphonie. Claudio Abbado a dirigé cette œuvre pour l’Europakonzert 2002, pendant les derniers mois de son mandat de chef principal ; au cours de ces derniers concerts, la communion entre le chef et ses musicien·nes a atteint une profondeur et une expressivité insoupçonnées. D’autres enregistrements de cette playlist constituent de précieux témoignages : la dernière apparition de Nikolaus Harnoncourt avec l’orchestre philharmonique dans la Cinquième de Beethoven, la Troisième de Mahler sous la direction de Simon Rattle et le Requiem de Verdi sous celle de Mariss Jansons.

Amihai Grosz est évidemment très attaché aux concerts dans lesquels il s’est produit en soliste avec son orchestre. Des compositeurs comme Mozart, Mendelssohn et même Beethoven aimaient jouer de l’alto, probablement parce que cet instrument à mi-chemin entre cordes aiguës et cordes graves se situe en plein cœur de l’orchestre. Le nombre de concertos pour alto vraiment intéressants est néanmoins resté limité jusqu’à l’époque moderne. L’un des plus beaux est celui de William Walton, composé en 1929, que Grosz a interprété en octobre 2017. Finalement, avec la Sequenza VI de Luciano Berio, l’altiste s’est retrouvé seul face au public dans la grande salle de la Philharmonie pour une démonstration des sonorités virtuoses et expérimentales que l’on peut tirer de son instrument.

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